Dakota Jenkins

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LA FOLIE À L'ABANDON

 


A l'occasion des Semaines d’information de la Santé mentale et des Semaines de la folie ordinaire qui auront lieu du 18 au 31 mars, France 3 diffuse le documentaire "La Folie à l'abandon".

 

Dans une récente interview au Monde, l'écrivain et académicien Erik Orsenna déclarait lui-même : "Le problème chez moi, c’est l’état explosif, le trop dans l’envie de vivre. Ma terreur, ce n’est pas de mourir, c’est de devenir fou."

 

C'est sans doute pour beaucoup sinon une terreur comme pour Orsenna, du moins une crainte. Mais sait-on pour autant ce qui se passe en France, en 2019, quand par malheur la folie frappe à votre porte ou à la porte d'un proche ?

 

Eh bien, c'est justement le projet de ce film : raconter ce qui se passe aujourd'hui quand on a une maladie mentale. Et le constat est cruel pour une première raison simple : la psychiatrie, souvent décriée mais dont le rôle reste pourtant incontournable, est comme en voie de disparition. Et du coup, l'hôpital se retrouve petit à petit remplacé par deux autres lieux, totalement inadaptés à la maladie mentale : la rue et la prison.

 

Pour les maladies mentaux comme pour la société toute entière, les conséquences sont dramatiques.

 

Mais fort heureusement, émergent de nouvelles initiatives, étonnantes, et prises par les malades eux-mêmes.

 

Patients et leurs familles, psychiatres, députés, juges, chercheurs, avocats, bénévoles associatifs témoignent ensemble dans ce documentaire.

 

Quelques chiffres :

 

Selon une étude récente, près de 60% des Français se déclarent être affectés ou avoir été affectés par une maladie mentale, ou connaître dans leur entourage un proche qui en souffre. Selon une autre étude, 38 % de la population européenne aurait souffert de troubles mentaux au cours des douze derniers mois.

 

Aujourd’hui, les maladies mentales, placées au deuxième rang des causes mondiales de handicap par l’Organisation mondiale de la santé, pourraient occuper le premier rang à l’horizon 2020.

 

Le pic d’apparition des maladies mentales est situé par l'OMS entre 15 et 25 ans, et ces pathologies du jeune adulte comme leur évolution, souvent chronique, ont bien sûr des conséquences dramatiques sur la vie des patients et sur la société dans son ensemble — désinsertion familiale, sociale, professionnelle, etc.

 

En prison au moins un trouble psychiatrique de gravité plus ou moins importante a été repéré chez 55 % des détenus ; un prisonnier sur cinq a déjà été en psychiatrie ; et pour la moitié des entrants un suivi psychiatrique est préconisé, le plus souvent sans suite…

 

Le constat est sans appel : loin d’être anecdotiques, les maladies mentales constituent à l’évidence un enjeu majeur pour chacun d'entre nous comme pour notre lien social. Or, contre toute logique, la folie est aujourd'hui non seulement mal connue et sous-estimée, mais à l'occasion niée.